Destruction du Jardin Bausil PDF Imprimer Envoyer

Inculture, mensonges, et catafalques

Les urbanistes de l’archipel-fiction font appel à toutes sortes de termes anciens et attractifs pour détruire les espaces publics ombragés de Perpignan. Le quai Vauban devient « ramblas », le jardin Bausil devient « mail » piétonnier et bientôt la prison du Castillet sera gratifiée d’un « parvis ». Tous ces artifices de langage ne parviennent pas à camoufler l’inculture urbaine et les grossiers mensonges.

Les arbres du jardin Bausil, seul espace vert du quartier St Mathieu, ont fini comme ceux de la caserne St Martin et du couvent St François (ancien hôpital militaire), à la tronçonneuse. Seul le maire-sécateur, certainement en voyage sur une autre île, prétend qu’aucun arbre n’a été supprimé (journal l’Indépendant du 25/01/07) : il y en a eu une quinzaine et certains bien débités et récoltés menus. Chouchous de la municipalité, les palmiers - qui ne sont pas des arbres - ont été transplantés en attendant de crever, comme leurs congénères de la place Arago et de la place de Catalogne.

destruction du jardin Bausil

Tout cela coûte très cher. Cette destruction inouïe est annoncée à 610 000 € ! Encore faut-il s’assurer que tout est compris puisque ce petit abattage nécessite le déplacement des réseaux téléphoniques, de câble vidéo, de gaz et d’électricité. Nous souhaitons, quand même, que le prélèvement de la terre arable par camions entiers ne passe pas par pertes et profits dans cette sinistre comptabilité.

Dans l’axe de la tramontane, la masse végétale du jardin Bausil avec ses murettes constituaient une protection pour la rue Foch qui se trouve aujourd’hui plongée dans les turbulences du vent. L’espace traversant devient renversant ! Mais cela ne perturbe pas la grande voile des maîtres de l’archipel qui nous promettent une fontaine. En souvenir, sans doute, des fontaines détruites à la Promenade et sur la dalle Arago.

La 2ème phase des « travaux » prévoit l’abattage des vénérables tilleuls mitoyens de la Poste. L’architecte des bâtiments de France continuera-t-il à garder le silence sur ces destructions en « secteur sauvegardé » ? Les insulaires supporteront-ils ce nouveau gâchis ?

La volonté de rendre irréversible la minéralisation des espaces publics de Perpignan va permettre à la ville d’échapper à son label de « trou » provincial et de promouvoir ses espaces cimetières et ses catafalques déprimants. D’une dalle à l’autre, un nouveau tourisme s’organise : la visite des «joyaux de Perpignan-la-minérale » et il n’y a plus besoin de se rendre à Ouagadougou ou à Pékin pour apprécier le vandalisme urbain. Cadafals catalans sempre davant!

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Mise à jour le Jeudi, 16 Décembre 2010 14:09
 

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