CATALOGNE : L’INCENDIE ET LES IMPOSTEURS PDF Imprimer Envoyer
Mercredi, 01 Août 2012 13:55

La reproduction, à intervalles réguliers, en Catalogne Nord et Sud de grands incendies destructeurs de nature et de culture n’a toujours pas permis de tirer un bilan écologique et responsable des tares de l’occupation de l’espace en Catalogne

L’incendie de l’Alt Empordà ne permettra pas davantage de trouver des solutions concrètes alors même que politiciens et experts orientent les médias pour mieux se blanchir de toute responsabilité et éviter les propositions qui risqueraient de mettre en cause leur vacuité.

Avec le Conseller d’Interior (ministre) de la Generalitat de Catalunya, M. Felip PUIG, on frise la caricature. Alors que le nouveau gouvernement de la Generalitat a supprimé le ministère de l’écologie, c’est ce personnage en charge de la sécurité qui occupe le terrain médiatique. A défaut d’avoir trouvé les mêmes moyens que ceux qu’il avait su mobiliser pour matraquer les occupants de la Place de Catalogne le 27 mai 2011 à Barcelone (une plainte au pénal est en cours contre lui), il a préconisé d’attendre l’humidité de la nuit pour maîtriser l’incendie ! Mais son naturel revenant au galop, il a demandé aux gens de prendre en photo avec leur mobile les matricules des voitures d’où des mégots de cigarettes seraient jetés…

incendie

Avec l’expert du Centre de Recerca Ecologica i AplicacionsForestals, Jordi VEYRADA DURAN (L’Indépendant du 27/07/12), on croit rêver. D’après lui « la végétation reprendra ses droits en 3 ou 4 ans ! » et « malgré le désastre, le paysage de l’Alt Empordà va récupérer très facilement »… Evidemment ce centre de recherche dépend de la Generalitat de Catalunya et on s’interroge sur ce qu’il peut trouver avec de tels experts.

Prenons comme exemple la fertilité du sol, la liste des organismes vivants qui en font partie est absolument stupéfiante. Dans un mètre cube de sol d’une pâture, on trouvera environ 50.000 vers de terre, 50.000 insectes et mites et 12.000 ascarides (un autre type de ver). On doit y ajouter une pincée de micro-organismes : 30.000 protozoaires, 50.000 algues, 400.000 champignons, et des milliards de bactéries. Que devront déclarer nos experts politiciens pour s’assurer que les plantes grandiront, que les sols seront renouvelés, que les déchets seront détruits en un si bref laps de temps ? D’ailleurs, la plupart de ces espèces n’ont jamais fait l’objet d’une inspection, d’une pensée même. Très peu ont un nom, ou une description. Pourtant, toutes et chacune de ces espèces participent d’une façon ou d’une autre à la vie et l’incendie les a détruites.

Les bénéfices non-matériels obtenus des écosystèmes à travers l’enrichissement spirituel, le développement cognitif, les loisirs ou l’expérience esthétique ne sont pas davantage des réflexions portées par les institutions de la Generalitat.

Avec l’incendie du Perthus, le déni de responsabilité conduit le gouvernement catalan et ses officines à l’imposture et cela diffère de l’approche compassionnelle du gouvernement français, plus habile. Cependant ni au sud, ni au nord ces incendies ne remettent en cause la gestion des espaces naturels et péri-urbains, laissée aux bons soins du marché immobilier...

Mise à jour le Mardi, 07 Août 2012 09:14
 

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