Patrimoine catalan : la démolition du Mas Vermell est insoutenable PDF Imprimer Envoyer
Samedi, 05 Octobre 2019 10:48

Dans la longue liste des destructions du patrimoine catalan, celle des mas agricoles ou viticoles constitue une perte sans égal. Après l’inexcusable destruction du Mas Conte, l’un des plus emblématiques de la campagne perpignanaise - pour la construction d’une zone commerciale (celle de Décathlon), après celle plus récente du Mas Molène qui faisait de l’ombre à un lotissement (Les Senioriales), voici venu le tour du Mas Vermell.

Le terrain actuel du Mas Vermell, sur 3 hectares, est à cheval sur les communes de Perpignan et de Cabestany.

C’est un ancien couvent construit au XVIe siècle, devenu propriété agricole et qui a connu un faste certain avec l’installation d’un restaurant gastronomique dans les années 1990 -2000.

Sa qualité de mas catalan et son cadre paysager avec son oliveraie auraient dû entraîner son inscription comme immeuble protégé. Il n’en sera rien. Un programme de constructions conséquent avec 5 immeubles R+2 ainsi que des parcelles pour 12 villas est envisagé par le groupe Immobilia.

Pour le Mas Vermell et son environnement tout déraille.

Tout d’abord, la faillite du restaurant et son incroyable facilité à devenir un lieu de vandalisme ces dernières années.

Ensuite, ce mas se situe au croisement de deux corridors écologiques naturels.

Le premier corridor entre Perpignan et Cabestany a subi d'abord la création de la voie rapide D22C. Ensuite la gloutonnerie de la commune de Cabestany a bétonné à outrance, y compris ce que les documents d’urbanisme prévoyaient de protéger. De très grandes zones vertes ont été phagocytées par le Mas Guerido et Médipole. Ainsi tout a été mis en œuvre pour que la coupure d’urbanisme avec Perpignan soit grignotée et que le corridor naturel entre les deux communes – pourtant un objectif de conservation du Schéma de Cohérence Territorial (SCOT) - soit détruit sur la moitié de sa longueur.

Le second corridor prévu aussi par le SCOT, se développe entre le Mas Llaro et la partie urbanisée Est de Perpignan. Mais sa largeur a été déjà fortement réduite par les grandes opérations dites du « Mas Saint Pierre » et du «Mas Roca ». Ici l’artificialisation devient totale avec une absence de toute continuité écologique, de tout espace vert, de toute préoccupation quant à l’écoulement naturel des eaux. On y a construit des énormes immeubles en cube qui détruisent le paysage traditionnel. Et pour cela le Plan d'Urbanisme (PLU) a été modifié "à la va-vite", comme cela semble aujourd'hui prévu pour le Mas Vermell.

Les municipalités de l’agglomération de Perpignan nous amusent avec des fiches d’un « Plan Climat Energie » du genre «  aménager un archipel durable », alors qu’elles mettent en œuvre des projets spéculatifs de bétonnage et de goudronnage des derniers lambeaux de verdure et de naturel du territoire.

La FRENE 66 exige la sauvegarde du Mas Vermell, la protection en espace boisé classé des grands arbres et de l’oliveraie de la propriété, le maintien des éléments de coupure verte entre Perpignan et Cabestany.

 

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